Et voilà comment tout a commencé…

C’était le comble du bonheur !… Après un mariage de conte de fée, nous rêvions maintenant d’une petite famille, avec deux enfants ! Et l’idéal aurait été d’avoir deux ans de battement entre les deux naissances ; cependant, la vie en a décidé tout autrement...
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La grossesse de Yannick ayant été relativement « mouvementée » et « interrompue » pour force majeure, en raison du syndrome de HELLP, nous nous posâmes alors sérieusement la question, s’il était vraiment raisonnable d’envisager d’avoir un deuxième enfant…  et, entre nous,  rien de moins simple que de devoir prendre une telle décision !

Les entretiens avec les médecins et les innombrables examens médicaux effectués en cliniques spécialisées nous donnèrent finalement le feu vert pour un deuxième enfant.  Entre-temps, les années ont passé… jusqu’au jour où… je suis enfin tombée enceinte !

Nous nagions dans le bonheur … jusqu’aux saignements…et …la fausse couche.

Après cette longue période d’attente, c’était tout mon univers qui s’effondrait d’un seul coup.  Dans un moment pareil, les discours se voulant gentils et réconfortants, du genre : « ça arrive à beaucoup de femmes » ou « la nature fait bien les choses, qui sait pourquoi c'est bon » ne sont d’aucune aide.

À l’époque, pour pouvoir m’en sortir, je refusais toute présence, ne voulais voir et parler à personne. C’est certainement difficile à comprendre pour quelqu'un de l'extérieur, mais pour moi, ce fut le meilleur remède, même avec le recul…
Et de nous retrouver à nouveau à la case départ …
DSC01517_klein.jpgJusqu’à ce fameux dimanche de juillet, où, n’en pouvant plus, j'ai fait un test de grossesse à 3 heures du matin !  À vrai dire, il était bien trop tôt pour ce genre de test, mais comme nous avions prévu de partir lundi en vacances, je voulais absolument en avoir le cœur net.

Le test se révéla positif, et moi, j'aurai alors pu embrasser le monde entier...
Je n’ai évidemment pas pu m'empêcher de réveiller aussitôt Bernd pour lui annoncer la bonne nouvelle…  Ayant fêté la veille (à l’occasion de fête annuelle du tir, la fameuse Schützenfest), le pauvre ne savait plus très bien le lendemain, s’il avait rêvé ou pas.

Non, ce n’était pas un rêve – c’était bien la réalité…
En fin de compte, je peux vraiment affirmer que cette grossesse s’est déroulée tout à fait normalement ! Et comme je savais que l’alimentation pouvait avoir une influence favorable sur HELLP, j’ai naturellement fait très attention tout à ce que je mangeais. 

Pendant toute la grossesse, j'ai été suivie de très, très près, subit des tas d'examens, et... tout était pour le mieux, dans le meilleur des mondes possibles!

Tout…à part un petit incident de parcours : un weekend à Hambourg qui s’est terminé à l’hôpital : Thrombose.  Pas si simple que ça à soigner une thrombose, quand on veut que rien n’arrive, ni au bébé, ni à la maman ! Mais tout se déroula du mieux du monde !  Au bout de quelques jours, on me permit de rentrer à la maison et je fus suivie ensuite à Hamm.  C’est aussi là que ma grossesse « à risque » fut suivie par la suite.

Je devais me rendre toutes les deux semaines à Hamm pour une visite de contrôle, et tout allait au mieux !
Cette année là, nous avons passé Nœl en Allemagne ; c’est ma famille qui est monté nous rendre visite et les fêtes furent simplement, magnifiques !

Nous nous portions à merveille, et nous étions … heu-reux !
Le 29 décembre, nouvelle visite de contrôle à Hamm ! À partir de cette date, il était prévu que je m’y rende désormais toutes les semaines pour qu’on puisse mieux surveiller et vérifier l’irrigation sanguine, et voilà que 5 jours plus tard on me convoquait pour le 3 janvier 2006…

Jamais, je n’oublierai cette journée… C’était un mardi !
Bernd avait encore quelques jours de congé, mes parents et ma marraine étaient là également !
La veille, nous avions fêté Nœl, après coup - et oui, il fallait bien rattraper - et distribué les étrennes.
Mardi matin, nous - ma mère, ma marraine et moi - sommes allées toutes les trois en voiture à Hamm pour l’échographie…

Je me réjouissais déjà de pouvoir leur montrer le bébé en 3D sur l’écran.
Malheureusement le médecin ne m’en donna ni le temps, ni l’occasion : en examinant la petite tête du bébé, il y découvrit aussitôt une anomalie.

On fit sortir ma famille, le médecin-chef appela un collègue à la rescousse, quant à moi, je commençais sérieusement à m’affoler …

Qu’est-ce qui se passait ? Tout le monde se taisait, les visages étaient fermés, c'était épouvantable, une horreur, un vrai cauchemar.
On finit par me dire que je devais me rendre à Bonn pour passer des examens complémentaires…
On en informa Bernd qui prit aussitôt la route pour Hamm, pour relayer ma famille qui rentra alors à la maison.

Et nous nous mîmes aussitôt en route pour Bonn... Rien ne marchait comme prévu et l'ambiance était très tendue dans la voiture… Incapables de parler, nous laissions libre cours à nos larmes... Le voyage dura une éternité…

Les questions se bousculaient dans nos têtes…Qu’est-ce qui nous attendait ?  Quelle allait être la suite de tout ça ?
Le professeur nous attendait déjà, on l’avait mis au courant.
Je ne le trouvais pas très aimable,  et surtout, de ne rien savoir, me rendait littéralement folle…
Il y avait de plus en plus de médecins autour de nous.  Apparemment, il se passait quelque chose de suspect, d’anormal, à laquelle personne ne semblait préparé et qui déconcertait tout le monde. 
Du moins, c’est l’impression que nous en avions !

Et pas question de rentrer à la maison !…
On m’annonça vouloir me garder quelques jours sous observation à l’hôpital.
J’allais très mal. Le soir même, j'eus la visite du médecin-chef, responsable de l’unité de soins intensifs néonatals. Il a été très gentil, et surtout a su trouver les mots justes pour me remonter le moral et me redonner confiance dans l’avenir. J’en avais vraiment besoin à ce moment !

neudsc01496.jpgJe gisais donc là, alitée, impuissante, à Bonn… -  Les jours et les semaines passèrent !
Inutile maintenant de continuer à faire attention à mon alimentation. J’avais très peur, me sentais affreusement seule, et si loin de ma maison !

Sous observation médicale permanente, je fus soudain saisie de violentes contractions, que rien, ni personne, n’arriva à maîtriser.
De plus, le col de l’utérus, déjà contracté, s'ouvrit brusquement.
Maintenant, il s’agissait pour moi de rester à jeun car après une semaine de réflexion, environ, les médecins pensaient devoir entreprendre une césarienne. Bernd en fut informé et pris aussitôt la route.

Entre-temps, j'eus la visite d'une doctoresse qui me demanda, d'un ton sec et cassant, si nous avions bien réfléchi et étions toujours décidés à vouloir garder cet enfant.    Au travers de la paroi abdominale, on pouvait très bien administrer une piqûre - tuant ainsi le bébé, déclencher la naissance et accoucher normalement de l'enfant décédé.

J’étais littéralement abasourdie…
Absolument hors de question pour nous !
Finalement, les médecins se prononcèrent contre la césarienne pour permettre au bébé de rester le plus longtemps possible dans mon ventre !

On fixa néanmoins une date pour une éventuelle césarienne, soit le 6 février, au cas où l’enfant ne serait pas encore né d'ici là...  À partir de cette date, on pouvait effectivement assumer la responsabilité d’une naissance avant terme.

Pendant tout ce temps, je suis donc restée à Bonn. Et le 6 février, on mit terme à ma grossesse, six semaines avant terme, sous anesthésie générale -  et Noémie vit le jour !